Biographie

Pierrette Kermoal, 2014

Pierrette Kermoal, Aberystwyth, septembre 2014.

Après une enfance passée au bord de la mer « les pieds dans l’eau », ce qui explique sans doute son amour pour le vent et les rivages sauvages, Pierrette Kermoal mène à Brest puis à Rennes des études de littérature.
Devenue professeure de lettres, elle enseigne à Combourg, à Rennes…

À 20 ans, quelque peu libérée du poids des études, Pierrette réalise un projet qu’elle nourrit depuis plusieurs années : apprendre le breton. Elle vit alors à Rennes, et s’inscrit aux cours par correspondance de Skol Ober. En six mois elle termine le manuel en usage à Skol Ober, le Cours Elémentaire, de Roparz Hemon. Elle comprend alors sans difficultés la langue bretonne, tant parlée qu’écrite.
Pour parfaire sa maîtrise de l’oral et découvrir des horizons nouveaux, Pierrette fait pendant l’été un stage de quinze jours à KEAV. Dès septembre, elle s’inscrit aux cours de littérature dispensés par correspondance par SADED (Strollad an Deskadurezh Eil Derez – “ Groupement pour l’enseignement du Second Degré). Elle découvre alors la littérature bretonne, un monde jusque-là totalement ignoré d’elle. D’autres cours suivront : 2ème année de littérature, histoire, géographie, grammaire, biologie… Elle participe dès lors à la refonte des cours de littérature de SADED.

De son apprentissage de la langue date son engagement dans l’Emsav. Le breton devient la langue de sa vie, et très rapidement sa langue de création.

À partir de 1967, elle publie des articles dans la revue Preder.

C’est dans Preder également qu’est publiée en janvier 1968 la première étude de Pierrette Kermoal sur la littérature bretonne : « Eus Gwarizi Vras Emer da vMari Vorgan, gant Roparz Hemon » (« De La grande jalousie d’Emer à Mari Vorgan », poème et roman de Roparz Hemon). De ce travail, l’auteur lui-même dira qu’il est « une étude attentive et intelligente » de ses œuvres (« Eus Gwarizi Vras Emer da vMari Vorgan » ; ur studiadenn aketus ha speredek gant Pierrette Kermoal. Ar Bed Keltiek 112, avril 1968)

Suivent plusieurs articles concernant la littérature bretonne, des œuvres étrangères, la situation des femmes et leurs luttes (autre engagement de Pierrette Kermoal), dans les revues Preder, Al Liamm, Emsav.

Depuis l’enfance, Pierrette aimait écrire. Sa première nouvelle, Er Stellac’h (Au Stellac’h), est publiée dans Al Liamm, en 1969. D’autres suivront, publiées dans Al Liamm.

Un autre aspect du travail de Pierrette Kermoal est la traduction : Preder publie en 1974 Ar Priñs Bihan, sa traduction du Petit Prince de Saint-Exupéry, saluée comme un évènement dans la presse en breton.

Il y aura encore d’autres traductions, de l’anglais en général, ou des adaptations : ainsi Laeoù Marie de France (Les Lais de Marie de France), Aber 2011.

En 2000 Pierrette Kermoal décide de créer une revue littéraire en breton, Aber – “ 2 livraisons/an en 2000, 4/an dès 2001.
Les objectifs de Pierrette en créant cette revue sont les suivants : donner un nouvel élan à la littérature bretonne, qui a tendance à s’enliser dans les poncifs, le traditionalisme, et l’expression dialectale, voire patoisante ; s’ouvrir au monde, grâce à des traductions bien sûr, mais aussi en nouant des relations avec des écrivains s’exprimant dans des langues dites minoritaires ; enfin, et surtout, créer une vie intellectuelle en breton grâce à la critique littéraire, à peu près inexistante jusque-là, et, à partir de 2004, grâce à des colloques sur la littérature, l’Histoire, et divers sujets de société.
En 2006 sont créées les Editions Aber : littérature, critique littéraire, histoire, problèmes de société…

À partir de 2000 Pierrette publie exclusivement dans Aber (textes originaux, critique littéraire, articles divers, traductions…).

Aber publie en breton.
Cependant, dès 2014, en concertation avec Charles Stockmans, petit-fils de l’écrivain Tangi Malmanche dont l’œuvre est d’une importance capitale pour la littérature bretonne, Pierrette et l’équipe d’Aber décident de créer ce qui va devenir « Le Projet Malmanche », soutenu par la DRAC et la Région Bretagne : publication des inédits de l’auteur – “ tous en français – “ et réédition des œuvres épuisées, en français et en breton.